Utilisés afin de créer des outils, des récipients et des bijoux, le métal et les pierres précieuses furent le plus souvent trouvés dans les déserts d’Egypte. L’exploitation minière était une activité à la fois épuisante, sale et dangereuse. Etant donné que la plupart des mines se trouvaient dans le désert, les conditions de vie étaient difficiles ; c’est d’ailleurs pour cette raison que l’excavation était saisonnière. Notons également qu’il était formellement interdit de rejoindre les mines par voie de terre. En effet, les caravanes tirées par des ânes étaient difficiles à approvisionner et elles nécessitaient d’être protégées contre les bandits.
Tout comme les mines actuelles, les anciennes galeries étaient des espaces étroits soutenus par des poutres. Couchés toute la journée sur le ventre, les travailleurs frappaient la roche à l’aide de pics. Généralement payés en nourriture et en boisson, ces ouvriers n’avaient pas le droit de garder la moindre pépite d’or ou la plus petite pierre précieuse. Au cours de l’époque romaine, ce sont surtout les esclaves qui procédaient à l’extraction des divers minerais. En général, il s’agissait de détenus ou de prisonniers de guerre. Malheureusement, les mines étaient également le douloureux quotidien des familles pauvres et de leurs enfants. En effet, ces derniers rampaient dans de petites cavités dans l’espoir de rapporter quelques fragments de roches.
En Egypte, les métaux les plus souvent extraits étaient le cuivre et l’or. Parfois trouvé dans des météorites, le fer n’était pas exploité par les anciens Egyptiens. Quant à l’étain, combiné au cuivre afin de produire du bronze, il était importé de Syrie.
Le roi Djéser conquit la région de Wadi Maghara où le minerai de cuivre commença à être extrait au début de la troisième dynastie. Pendant le Moyen Empire, ce minerai fut également exploité dans le désert de l’Est. Au cours de la dix-huitième dynastie, les Egyptiens contrôlaient les mines de cuivre situées dans le désert du Sinaï, à Timna et dans d’autres endroits de la vallée de l’Araba. Notons que le minerai de cuivre contenait environ dix à douze pour cent de cuivre ; des creusets retrouvés dans certaines mines portent à croire que l’extraction de ce métal nécessitait un certain raffinage effectué directement sur le lieu de l’exploitation.
L’or fut le plus souvent trouvé dans le désert de l’Est et en Nubie. Les mines d’or du Wadi Hammamat et du Wadi Allaqi furent exploitées au début de la période ramesside. Le limon de l’eau courante contribua également à la formation de dépôts d’or souterrains. Ce métal précieux put être récupéré en lavant les plus petits grains de sable et ensuite, en faisant fondre les particules d’or qui restaient.
Lors de l’extraction de l’or, les chefs-porions, ou contremaîtres, connaissaient les directions des filons de quartz aurifères. Dès lors, ils exploitaient les mines aussi longtemps que cela s’avérait nécessaire. Une fois collectées, les pierres étaient chauffées afin de les rendre friables. Ensuite, les femmes les écrasaient dans des mortiers et des broyeurs. Le matériau ainsi obtenu était alors lavé sur des tables de basalte dont la surface en céramique était rainurée ou sur des peaux de mouton tendues. Ainsi, alors que l’eau emportait les petits grains de sable, l’or restait dans les sillons. Cette technique ne fut utilisée que dans des endroits situés à proximité de puits profonds ou bien le long du Nil où il était possible de pratiquer le lavage de l’or à la batée.
Les mines de pierres semi-précieuses étaient également exploitées en Egypte. L’améthyste, ou pierre aux reflets mauves et violets, était extraite dans le désert de l’Est près d’Assouan et dans le désert de l’Ouest à proximité d’Abou Simbel. Tout comme la cornaline dont la couleur varie du brun foncé au brun clair, la calcédoine, ou pierre vert clair transparente, fut trouvée dans les déserts. Alors que le feldspath bleu clair était exploité dans le désert de l’Est, des gisements de turquoise furent découverts à proximité de Serabit el-Khadim. Les Egyptiens creusèrent de larges galeries dans le grès. Ces couloirs étaient soutenus par des piliers ornés de reliefs du pharaon taillés dans les pierres de l’entrée. Pendant l’hivernage, l’eau était amenée dans la mine afin d’extraire les turquoises. Notons que ce site fut exploité jusqu’aux alentours de 1000 avant Jésus-Christ.
Les anciens Egyptiens ont également exploité les gisements de sel qui se trouvaient dans le désert de l’Ouest. Ils recueillaient aussi le sel qui s’évaporait des bassins de la côte méditerranéenne. Le natron, ou carbonate de sodium hydraté, était utilisé lors de la momification, dans la fabrication du verre et afin de conserver les aliments. Il fut trouvé dans un gisement à Wadi al-Natrum, à mi-chemin entre le Caire et Alexandrie. Quant au « natron du sud », il fut trouvé à el Kab. Entrant dans le processus de teinture des textiles, l’alun fut exploité dans les oasis de Dakla et de Kharga situées dans le désert de l’Ouest. Gebel Rasas était une source importante de galène, ou sulfure de plomb utilisé dans la fabrication des cosmétiques. |