Afin de rapporter leurs pensées, les anciens Egyptiens utilisèrent une écriture pictographique. Contrairement à la plupart des écritures qui étaient toujours notées dans le même sens, les hiéroglyphes pouvaient être écrits indifféremment de gauche à droite, de droite à gauche, voire dans des colonnes verticales. Toutefois, afin de savoir dans quel sens il fallait les lire, il suffisait de regarder les figures animales et humaines. En effet, ces dernières étaient toujours tournées vers le début de l’inscription. Lorsqu’ils écrivaient en hiéroglyphes, les anciens Egyptiens omettaient constamment les sons vocaliques comme c’est aujourd’hui le cas de l’arabe et de l’hébreu.
Depuis l’Ancien Empire, les anciens Egyptiens utilisèrent aussi le hiératique, une écriture cursive dont se servirent les prêtres pour écrire des textes religieux et funéraires sur du papyrus. Au cours des périodes pharaonique et gréco-romaine, une écriture cursive plus rapide du nom de démotique fit son apparition. Sept lettres de l’alphabet démotique furent ajoutées au grec pour former l’écriture copte.
A travers l’histoire de l’Egypte, les scribes furent considérés comme les gardiens des traditions littéraires. Outre leurs tâches administratives de base, ils corrigèrent des textes théologiques, médicaux et magiques et composèrent de nouveaux textes. Les scribes utilisèrent un coffret rectangulaire appelé « palette » pour conserver leurs encres et les roseaux dont ils se servaient pour écrire. Les surfaces les plus communément utilisées pour l’écriture étaient les tessons de poterie, les planches, le papyrus et le cuir. Des feuilles de papyrus individuelles étaient assemblées pour former des rouleaux. Ces derniers restèrent la forme de livres la plus courante jusqu’à l’époque romaine. Par la suite, ils furent remplacés par le codex, ou série de feuilles individuelles reliées à la manière des livres actuels.
Au cours de l’époque chrétienne, le parchemin de cuir devint la surface d’écriture de prédilection en raison de sa grande résistance. Etant donné que les livres étaient fabriqués dans les églises et les monastères chrétiens, les professions liées à leur création, à leur copie et à leur décoration se développèrent fortement.
Sous le règne des musulmans, l’Egypte adopta la langue arabe. Celle-ci compte plusieurs écritures artistiques parmi lesquelles on retrouve les styles naskh et coufique. Ecrite de droite à gauche, la langue arabe comprend vingt-huit lettres. Les artistes arabes s’intéressèrent à ce point à la langue arabe qu’ils inventèrent la calligraphie, ou l’art de former de belles lettres et des mots arabes. Notons également que des écoles furent tout spécialement fondées afin d’étudier et de pratiquer la calligraphie, en particulier au cours des époques ayyubide et mamelouke.
L’étui, les plumes, l’encrier et l’étoffe servant à sécher l’encre étaient les outils essentiels des écrivains de l’Egypte islamique. Ces derniers écrivaient sur des os et du bois avec des plumes métalliques particulières et ils se servaient de plumes de bambou pour le papyrus et le papier. Les écritures décoratives furent utilisées pour orner les lampes des mosquées, les cercueils, les poteries et d’autres objets de la vie de tous les jours. |